Legor utilise la technologie de projection de liant, qui permet une production de bijoux plus efficace.
La joaillerie est un art ancestral. Aujourd’hui, elle s’appuie aussi sur la technologie. C’est le cas de la technologie Binder Jetting, une technique d’impression 3D issue de la fabrication additive, généralement utilisée dans les secteurs mécanique et biomédical. Cette technologie crée des objets en pulvérisant un liant liquide sur de fines couches de poudre (métal, sable ou céramique), les agglomérant ainsi. Elle permet la création de composants complexes dans divers métaux, tels que l’acier, l’argent 925, le bronze et le platine 950, directement à partir de fichiers CAO.

L’objectif est d’automatiser l’extraction de précision et d’éliminer quasiment tout risque d’endommagement des bijoux imprimés en 3D. Legor, groupe multinational basé à Bressanvido (Vicence), spécialisé dans la transformation des métaux en alliages, solutions galvaniques et poudres haut de gamme pour les industries de la mode et de la haute joaillerie, a franchi une étape importante grâce au projet de recherche et développement Iojet. Cette initiative, cofinancée par le Smact Competence Center dans le cadre de l’appel à projets Iriss, a transformé la phase de dépoudrage de l’impression 3D métal grâce à l’intégration d’un système robotisé intelligent.
L’un des aspects les plus délicats de la technologie Binder Jet est l’extraction des pièces du lit de poudre métallique dans lequel elles ont été imprimées. Actuellement, cette extraction est un processus manuel réalisé par un opérateur, caractérisé par une forte répétitivité et un risque de perte de matière à peine visible à l’œil nu, voire d’endommagement des pièces. Les systèmes automatisés d’extraction de petites pièces, très courantes dans l’industrie de la joaillerie, ne sont pas disponibles sur le marché. Le projet Iojet s’inscrit dans ce contexte. Pour répondre aux défis actuels du marché, il a développé un système de pointage robotisé qui facilite l’extraction des pièces et leur manipulation.

Ce dispositif offre à l’opérateur une visibilité optimale, ce qui améliore l’efficacité du processus en réduisant les cassures, très fréquentes lors de l’extraction. Grâce à Iojet, le taux de rebuts lors de l’extraction chute de 15 % à 4 % pour un opérateur novice, et de 5 % à 1 % pour un opérateur expérimenté. Dans de nombreux cas, il est même proche de zéro. Ceci simplifie considérablement le travail, réduit le stress et préserve la santé de l’opérateur. Autre avantage de la technologie Binder Jet en termes de production : la possibilité d’imprimer des milliers de petites pièces par jour, ce qui, contrairement à d’autres technologies, accélère l’ensemble du processus.

« Le projet Iojet représente une étape cruciale pour nous, car il s’attaque à l’une des phases les plus délicates de l’impression 3D avec la technologie Binder Jet appliquée à la joaillerie : l’extraction des pièces à partir de poudre métallique », explique Andrea Friso, responsable R&D chez Legor’s Master Alloy. L’automatisation de ce processus réduit considérablement les risques d’endommagement des pièces imprimées, améliore la qualité du travail de l’opérateur, optimise la gestion des poudres et accroît l’efficacité de la production. Ce projet témoigne pleinement de notre engagement en matière de recherche et développement : nous souhaitons être un partenaire technologique toujours plus important pour nos clients et contribuer à l’innovation dans un secteur qui, bien qu’ancré dans la tradition, recèle un immense potentiel d’évolution.
Le dispositif innovant a été installé sur le site de production de Bressanvido (Vicence), puis testé en conditions réelles. Pour mener à bien ce projet, l’entreprise a collaboré avec le centre de recherche Joanneum de Klagenfurt (Autriche), qui a conçu et perfectionné pendant plusieurs mois le dispositif de pointage d’objets 3D à partir de poussière.
