Le groupe Richemont envisagerait de se lancer dans la course pour acquérir la marque synonyme de diamants.
Si elle aboutit, cette opération constituerait l’une des plus importantes dans le secteur de la joaillerie depuis le rachat de Tiffany par LVMH. Selon l’agence Bloomberg, le groupe Richemont étudie une offre en vue de participer à l’acquisition de De Beers. En février dernier, la direction d’Anglo American, qui contrôle cette marque emblématique du diamant, a fait savoir qu’elle comptait céder De Beers d’ici la fin de l’année.

La marque, célèbre pour avoir inventé le slogan « un diamant est éternel », est devenue un fardeau pour le groupe minier, notamment en raison de la baisse du prix des gemmes, concurrencées par des pierres créées en laboratoire et vendues à moindre coût. Ironie du sort, De Beers a elle-même contribué à la diffusion des diamants synthétiques : il y a quelques années, elle avait lancé sur le marché « Lightbox », une gamme de pierres créées en laboratoire. Ce n’est que l’an dernier que De Beers a mis fin à cette activité pour se recentrer exclusivement sur les gemmes naturelles. Mais le mal était déjà fait.

C’est pourquoi, en début d’année, Anglo American a réduit de moitié la valeur comptable de De Beers, procédant à une dépréciation massive de 2,3 milliards de dollars — la troisième en un peu plus de deux ans. Les comptes du groupe minier ont enregistré une perte nette de 3,7 milliards en 2023, après une perte de 3 milliards l’année précédente.

Selon Bloomberg, pour mener à bien cette opération, le groupe Richemont — basé à Genève (Suisse) et propriétaire de maisons telles que Van Cleef & Arpels, Cartier, Piaget, Buccellati et Vhernier — rejoindrait d’autres candidats, comme le détaillant américain de diamants Signet Jewelers ou encore le Global Diamond Consortium, un groupe dirigé par Gareth Penny, ancien PDG de De Beers. Ce dernier serait en pole position pour le rachat de De Beers auprès d’Anglo American. Le Global Diamond Consortium inclut également la Namibie et l’Angola, deux importants producteurs de diamants, et aurait entamé des négociations avec le Botswana en vue d’accroître sa participation dans De Beers pour la porter à environ 25 %.

