En quelques semaines seulement, le métal jaune a perdu 25 % de sa valeur. Voici pourquoi cette baisse pourrait se poursuivre.
L’or a-t-il amorcé son déclin ? Après avoir atteint un record historique de 5 594,82 dollars l’once fin janvier, l’or a perdu 25 % et se négocie actuellement autour de 4 425 dollars. Il reste bien loin de son niveau d’il y a un an, où il avait déjà grimpé à 3 200 dollars, et encore plus loin de celui d’il y a deux ans, où le métal jaune s’échangeait autour de 1 800 dollars. En bref, sa progression semble terminée et son prix pourrait encore baisser. Mais pourquoi l’or a-t-il inversé sa tendance baissière ?

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène, et ils n’ont rien à voir avec le secteur de la joaillerie. Le plus frappant, s’il y en a un, est que la baisse de l’or s’est poursuivie même pendant la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Pourtant, l’or est considéré comme une valeur refuge, et lorsque les tensions internationales s’intensifient, les achats d’or augmentent généralement, car il est perçu comme plus sûr que d’autres instruments financiers, tels que les obligations ou les actions.

Selon les experts, l’une des raisons de ce repli réside dans les ventes d’or effectuées par certaines banques centrales, qui avaient accumulé d’importantes réserves ces dernières années. La Russie, la Turquie et la Pologne, en particulier, auraient vendu de l’or, entraînant ainsi une baisse des cours. La Russie vendrait pour financer la guerre coûteuse contre l’Ukraine, la Turquie pour défendre sa monnaie et la Pologne pour financer l’achat d’armements afin de se prémunir contre d’éventuelles attaques russes. D’autres pays pourraient également vendre de l’or pour financer la hausse des prix de l’énergie.

Un autre facteur ayant affaibli le cours de l’or concerne les taux d’intérêt. Face à la perspective d’une inflation plus élevée, provoquée ici par la guerre avec l’Iran qui a interrompu les approvisionnements en pétrole du Golfe, les banques centrales ont tendance à relever ou à maintenir des taux d’intérêt élevés. Le rendement des bons du Trésor américain, qui atteint 4,4 % pour les obligations à dix ans, a probablement attiré des investissements. Enfin, les prix élevés atteints ces derniers mois ont incité de nombreux investisseurs à réaliser leurs gains : les ETF (fonds d’investissement) or ont enregistré de fortes demandes de rachat au cours des trois dernières semaines.

